Le dernier voyage de Léon le camion...
Une fois n'est pas coutume, après une petite pause de deux années, nous revoilà parti pour l'Afrique. Notre objectif prendre le temps de vivre au rythme local et bien sûr tenter de partager nos aventures avec les amis via ce blog. On descend par la route direction le Mali en passant par le Maroc, la Mauritanie pour ensuite rallié le Bénin via le Burkina. Quand à Léon, après plus de 300 000km parcourus ensemble, après beaucoup de galères mais surtout beaucoup d'aventures , il nous quittera pour finir ses jours ou alors commencer une deuxième vie au Mali. Le départ se rapproche, plus que quelques jours et déjà nos rêves ont une saveur d'Ailleurs.

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Amis

Mes albums

La carte des lieux visités



«  Mai 2012  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031 

Rubriques


Sites favoris


Pourquoi t'es pas bronzé?

Alors voilà, je me retrouve devant cet écran et j'ai une espèce de boule dans la gorge parce que c'est bon, l'Aventure se termine, je vais rentrer... Je ressens cette drôle de sensation car j'ai vécu des choses si intense ces derniers mois qu'il me paraitrait vain d'essayer de tout dire, que l'on ne peut pas tout raconter! Et que biensûr on va me dire: "Alors... raconte!" Mais je ne rentre pas d'une semaine en Martinique où je peux dire que mardi matin j'ai fait du parachute ascentionnel et mercredi après-midi....

Je vais juste essayer d'expliquer ma manière de vivre le Voyage en évitant de cracher sur d'autres manières de faire... Chacun son trip comme ont dit! Alors voilà, moi je viens chercher de la sueur, du  sang(le minimum quand même) et des larmes(parfois de désespoir parfois d'émerveillement). Biensûr je suis blanc et je vis ce que je veux bien vivre mais je viens en voulant comprendre comment ça marche ici et je cherche à vivre à la mode locale. Passer deux jours chez le forgeron à le regarder travailler m'enthousiasme plus qu'une danse avec les masques organisée juste parce qu'il y a un blanc. Je ne cherche pas l'exceptionnel ou le remarquable mais l'ordinaire tout simplement. Je croise parfois des gens qui me disent avoir FAIT le Tibet, FAIT la Thaîlande... Moi j'aurais beau venir et revenir, je ne finirai jamais de faire l'Afrique... Je veux juste dire par là que je distingue le Voyageur du Touriste. Je ne jette pas la pierre au touriste tant qu'il reste conscient que ce n'est pas en étant largué dans un pays 15 jours avec un guide à prendre des photos que l'on Fait un pays... Je ne veux en aucun cas être prétentieux ou donneur de leçon, je veux juste expliquer ma manière de vivre le voyage. En gros j'essaie de venir comprendre un pays, ce sont les gens qui m'interessent, leur vie ordinaire (parfois extraordinaire). Juste ça!  Ainsi moi petit blanc qui voyageait avec son petit confort, dans son petit fourgon, avec toutes ses petites affaires, je voyais les gens se déplacer en charette,  je trouvais ça  cocace, typique mais j'étais à des années lumières d'imaginer la réalité. Il fallait essayer. Ca a été une expérience comment dirais-je...extraordinaire pour moi tout en étant le quotidien de pas mal de gens ici. C'est difficile de raconter ce que l'on peut ressentir seul, en brousse, avec son âne. Mais la chose vraiment inoubliable était le regard des gens quand j'arrivais dans un village. Cet attroupement qui se formait autour de moi, la chaise que l'on me propose, l'eau que l'on me tend, la "causerie qui s'en suit. Et puis il  y a souvent le vieux du village qui ne parle pas un mot de français qui te tient la main et te dit quelque chose dans sa langue. Quelque chose de magique car tu ne comprends pas mais que tu peux imaginer. Et puis il y a le paysan qui te donne du fourrage alors que tu sais que le dernier hivernage, il n'a pas assez plu et que c'est déjà juste pour lui... Il y a trouver l'eau mais j'en ai déjà parler. Il y a crever un pneu, se fatiguer et finalement rencontrer le "petit" à bicyclette qui va foncer au village le plus proche pour te ramener une pompe tout ça sur un vélo (qui en lui-même pour être un sujet de roman tellement il est déglingué). Je me disperse mais en fait c'est la toute la magie du voyage. C'est en fait avoir le temps de s'émerveiller ou d'être tout simplement confronter à des choses que l'on ne peut voir chez nous. D'avoir le temps. Je me répète mais je ne pourrais vous raconter mon voyage. Je pourrais par contre vous dire que les gamins apprennent à faire du vélo sur des vélos pour grands en se contorsionnant pour pédaler à l'intérieur du cadre, qu'un âne marche bien de 5h du mat' à 10h, que le kilo de riz coûte 400f, que manger des pâtes est un luxe,qu'il est normal pour un gamin de faire plusieurs km par jour pour aller à l'école,etc

Mais pour revenir un peu au récit global de ces derniers mois.... Après l'Ane, la BécAne... ahaha. Là encore, je vous épargne la longue liste de toutes les couilles que j'ai pu avoir sur les centaines voir les milliers de km de piste que j'ai parcouru.. Le dernier épisode c'est d'ailleurs jouer aujourd'hui avec la quasi destruction de cette chère "Henriette la pétrolette". L'objectif était de partir d'un budget de départ qui était celui de l'âne et la charette, de revendre et d'acheter avec la somme une moto. Et comme je l'ai précisé la vente de l'Ane ne c'est pas fait à mon avantage, ducoup j'ai acheté un engin datant de 2004 et déjà bien entamé. Juste après l'achat, je m'offre un petit plaisir en allant boire une bière au maquis du coin pour finalement ressortir de là rincer après de grandes discussions sur la colonisation, la vie en Afrique la politique avec deux vieux intellectuels. Il me faut faire une quarantaine de km de piste pour rentrer au village retrouver ma famille d'orpailleurs.. Bien beurrer, je pars la fleur au fusil. Je vais vite réaliser que ma moto n'a que quatre vitesses et que de l'huile me pisse sur le mollet. A mi-parcours le phare tombe en panne, j'éclate de rire et continue malgré tout. Je retrouve mon ami orpailleur à Thiou et on va s'en boire une petite... Ca c'est la découverte du Burkina :  l'alcool n'est pas tabou. Il y a des maquis partout et les filles sont plutôt aguicheuses dans les débits de boisson. Pays plutôt chrétien. Le jour de mon départ, je décide quand même d'aller au "trou". J'avais déjà vu des reportages sur ces africains qui cherchent l'or dans des trous creusés à la main descendant parfois à plus de trentre mètres, de ces km de galeries non étayées et formant un immense labyrinthe sous-terrain. Et les femmes de la famille rigolaient car elles disaient que le toubabou ne pourrait pas!! Pareil une expérience, voir même un grand frisson en réalisant le travail que c'est et le risque que ça représente. Voir la vie de ces orpailleurs dans ce bled insignifiant m'a véritablement passionné. J'ai assisté au travail de A à Z, jusqu'à la pesée : l'unité de base étant le poids d'une pièce de 25fcfa représentant un gain de 165000f. Comprendre que cette somme représente le travail de 5-6 jours dans le trou à 5 personnes plus tout le travail de pilage que se partage les femmes et enfin le travail avec l'espèce de grande assiette(comme dans les films western). Au final, ils sont juste un peu plus riche que des cultivateurs...

Je fais mes adieux à ma famille après avoir acheté 3 coqs au marché pour eux. Après c'est pareil ma manière de fonctionner quand je cherche une famille d'acceuil est bien personnelle. Ici je ne raisonne en évaluant chaque chose en fonction de son cout en euro mais en fonction du cout de la vie ici. Je ne peux donc être généreux comme le touriste qui va donner en fonction de se qu'il estime bon pour lui. Pour donner un exemple sans vous donnez un prix en euro : un hotel de base ou campement coûte entre 6000 et 10000f, un kilo de riz coûte 400, un poulet entre 1200 et 1700f. Quand je suis dans une famille, que je partage leur repas mon but est de partager leur repas quotidien mais de parfois améliorer l'ordinaire. Pour celà, je me fixe de 1500 à 2000F pour remplir cette tâche. Le regard des gens n'est pas le même quand le blanc se ramène avec 3 coqs ou un billet de 5000f, les enfants font la fête, les femmes montrent leur contentement et les hommes acquiessent d'un regard. C'est d'ailleurs au moment où j'explique ma manière de fonctionner que je vois bien si je suis en train de faire une belle rencontre ou pas! Et c'est avec le même état d'esprit que j'ai attaqué l'Aventure à moto. D'ailleurs mon look était le sujet de petites moqueries en ville tandis que je faisais très couleur locale en brousse. Le quotidien de beaucoup ici, c'est de faire des km de pistes avec plus de 60kg de chargement sur une moto de base. Moi j'avais de gros sacs avec tout pour vivre en autonomie en brousse et je me rapprochais donc du type de pilotage africain, c'est-à-dire une moto qui à tendance à cabrer dans le sable ou les graviers. Les premiers jours, c'était l'euphorie des km qui défilent... Route vers Bobo-Dioulasso. Biensûr pas de goudron et j'ai choisi un itinéraire ou il y avait bien moyen de se perdre. Ce qui m'est arrivé bien entendu. Juste l'euphorie de rouler un peu au hasard en pleine brousse sahélienne pendant quelques heures avant de se dire qu'il serait peut-être temps de savoir où je vais. Les plus belles rencontres ont souvent lieu dans ces moments là. Celui qui vient à toi, attend souvent quelque chose de toi tandis que quand toi tu vas vers quelqu'un pour une bonne raison, lui ne t'attendait et il se trouve qu'il fera souvent tout pour "t'arranger"(comme on dit ici). Juste un exemple de ce genre de situation ou je cherche ma route. Parfois les gens fuient tellement qu'ils sont surpris de voir un blanc enturbanné arriver à moto. Je cherche donc ma route mais personne ne parle français. Je ne comprend pas assez bien la langue mossi et trouve une école. De suite c'est effervescence avec tous les petits qui me font la fête. Le directeur en personne tient à interrompre son cours pour me guider lui-même à moto jusqu'à la piste principale. Ca, c'est pareil, ça n'a pas de prix. Bon ensuite, c'est les petites couilles mécaniques sur la route mais c'est pareil, on s'arrange toujours en brousse. Petit à petit, je ressens le changement de climat et de paysage. La verdure est de plus en plus présente et c'est une agréable sensation. Je bouffe par contre toujours autant de poussière qu'avec l'ane.

Mon point de chute à Bobo sera chez Etienne, sa femme Julienne(une tchadienne) et le fils d'Etienne, Sébastien. Rien à voir avec l'Afrique que je vis au quotidien mais une belle rencontre. C'est justement ça que j'ai apprécié chez eux, ils ne vivent pas la même chose que moi mais sont à même de comprendre mon trip. Etienne, un français d'une cinquantaine, entrepreneur en tout genre, m'appelle "l'ancien combattant" et ça me fair sourire. Avec eux, j'ai découvert le Bobo by night, les maquis, les filles peu farouches... Ce n'est pas l'Afrique que je viens chercher et pourtant j'ai eu plaisir à passer trois jours avec eux. Je reprend la route vers le sud Burkina. Et la recherche d'un petit bidon de 5L va être l'occasion d'une belle rencontre. Je me dirige vers Banfora sur le goudron et à vrai dire c'est le genre de route plutôt monotone. Mes deux roues étant voilées, c'est limite plus désagrable à conduire sur goudron que sur la piste. Je cherche donc un bidon et apprend qu'il y a jour de marché dans un petit village à une quinzaine de km de piste du goudron. C'est parti!! C'est magique, car maintenant je me trouve dans une brousse arborée sans trop être épaisse non plus. La piste est ravinée et on imagine bien que pendant la saison des pluies, la piste devient souvent une rivière. J'arrive dans un petit village, biensûr tous les regards se tournent vers moi mais les burkinabés paraissent plus réservés et me laissent  circuler librement sans me fatiguer. Je suis là pour une bonne raison(mon bidon) et je me mets donc en mode recherche. Beaucoup de petits stands vendent le "tchap" ou "tchapallo", une bière traditinnelle de Mil qui se vend au litre et se consomment à plusieurs. Cette bière est servie dans de petites calebasses, on peut acheter le bidon(bidon d'huile de moteur) de 5L pour 500f. Ce qui est sympa, c'est qu'en temps que blanc je peux boire, me faire offrir à boire, offrir à boire sans que celà crée un décalage.... Je m'explique. Une bière classique coûte entre 600 et 800f, peu de gens peuvent se permettent ce genre de plaisir alors que le tchap, c'est une tradition. Tout le monde  en boit, le prix est abordable. Ma recherche de bidon me fait vite réaliser que les seules personnes à avoir ce que je cherche, sont justement ces femmes qui vendent la bière. Sauf qu'habituellement, le bidon est prêté, il faut le ramener. Je négocie donc en achetant 5 L de bière que je vais consommer avec les gens présent... Un bon moment... Je suis gris au moment où le soleil est le plus fort. Besoin de me reposer. Au moment de partir, je suis interpeller(comme souvent) par un homme qui tient à boire un coup avec moi. Je dis plus tard, enfourche la moto, me plante deux fois avant d'aller cuver sous des bannaniers... Ahhh, il est beau le, blanc... Fin de soirée, je retourne au village pour voir le type. Il se trouve que je le sens bien. Il s'appelle Sih Diabaté, c'est un griot, c'est à dire la caste des mendiants qui vient en jouant de la musique et plus particulièrement le balafon : une espèce de xylophone en bois. Je vais donc faire quelques km de plus pour débarquer dans sa famille. Une dizaine de cases clairsemées entre les arbres. J'y ai passé trois jours merveilleux hors du temps. Ca me plait car ils jouent, dansent tout le temps mais pas spécialement pour moi. J'applique mon principe habituel quant à ma contribution : achat de pâtes, d'un coq et de bière de mil (que les femmes de la famille me réclament). Sih ne joue la scène de "la vie est dure, on souffre beaucoup". Genre de couplet que l'on me sert souvent. Je compatis dans c'est cas là sans pour autant avoir pitié. Vraiment de super souvenir dont une soirée où je me suis retrouvé à danser(alors que c'est vraiment pas mon truc) dans une espèce de transe avec toute la famille. Un moment juste à nous et entre nous. 

C'est souvent au moment du départ que je réalise si je reverrai une famille ou pas, en fonction de l'attitude des gens. Ca se passe parfois mal. Là, pas de problème. La règle des 3-4 jours est pas mal pour ça. Je reprend la route, la zone est dite touristique. Ca ne loupera pas! J'ai été à une cascade magnifique mais le rapport aux gens n'est plus le même. Ils attendent les blancs, le discours est déjà prêt. Au final, rien d'enrichissant, du rafraîchissement seulement!! Je repars vers le Mali dans un pays de rizières un peu au hasard. Quelque chose me plaît, je m'arrête et j'observe. A un moment, je vois deux hommes et une femme qui retournent une rizière à l'aide de deux boeufs et une charrue. La scène me plaît, une photo serait sympa mais je me sens pas de rester là à 25 m de perndre ma photo en douce voir de payer pour une photo. Alors je m'asseois là, je regarde le travail épuisant que celà représente. Marcher dans une boue jusqu'à mi-mollet. J'attend presque une demi heure. J'attend mais je ne sais pas exactement quoi! A un moment un des gars m'interpellent et me dit une phrase que l'on entend si souvent ici : "viens au champ"! Il me dit je t'ai vu, je sais que tu aurais pu prendre cette photo vite fait et partir. Je sais aussi que tu ne l'a pas fait car tu attends quelque chose de plus que cette photo. La vérité c'est que je ne veux pas être phtographié, que tu as respecté celà... Alors viens avec nous, je vais t'apprendre la charrue... Encore une fois, je radote mais là. A ce moment là, je suis exactement dans ce que je suis venu cherché. Ce cultivateur était heureux de me montrer son métier, de voir se toubab pied nu dans la boue à essayer de faire un beau sillon. Je lui ai sûrement fait perdre dutemps mais ici on ne compte pas comme ça. On a sué ensemble, on a bu ensenmble, on a partagé quelques bananes... Il a tenu à prendre quelques photos de moi en train de travailler. Ces photos sont ratées mais ça n'a aucune espèce d'importance. Quand on a fini le travail, j'aurais pu tout gâcher en lui proposant un peu d'argent, alors je lui proposé d'aller acheter du thé. On a bu du thé une bonne partie de l'après-midi, on a fait une belle causerie. Comme d'habitude, je passe des heures à nuancer cette vision qu'ils ont tous de l'eldorado européen. J'essaie de souligner leurs richesses à eux....

Puis j'ai repris la route. A noter que cette année je n'ai pas vu d'hippopotames mais que je les ai entendu chanter la nuit. Ahhh, les nuits seul en brousse... Des moments que j'aime aussi car parfois chargés d'adrénaline.... Bon je passe rapidement sur les évènements tragiques au Mali qui m'ont valu, un blocage à la frontière. Mon passage à Bamako fut bref mais j'ai pourtant bien failli m'y faire lyncher par une foule en furie. Le pire, c'est que je l'ai comprend. C'est fatiguant d'entendre un discours à la radio qui ne correspond à la réalité du terrain. " La Communauté Internationale" est une grande foutaise. Je m'arrête là parce que sinon je risque de carrement m'énerver pour rien. Une chose est sûre : les maliens restent pacifique. Guerre ou pas guerre, je ne retournerai toujours au Mali. C'est un peu mon pays africain....

Ensuite, bah c'est la longue route vers la Guinée forestière. Ce fut la grande découverte de ce voyage : un nouveau peuple, une ou des nouvelles culture, une nouvelle monnaie, de nouveaux paysages de montagnes arborées puis de jungle épaisse. Les pannes... Je crois que je connais le prix de toutes les pièces de ma moto! Pas mal d'histoires incroyables avec les pires flics d'Afrique de l'ouest. Et là, je peux dire que je commence à avoir une certaine expérience. Je n'ai pas payer un seul backchich!!! Il aura fallu beaucoup de patience et de ruse...héhé Bon pleins de rencontres. Je ne détaile pas. J'ai la chence incroyable de voir mes premiers phacochères alors que j'étais seul en brousse. Pareil, un moment hors du temps. Et puis il y a juste ces petits moments comme ces hommes qui roulent à vélo les uns derrière les autres, chargés comme des mulets sur une piste défoncée, tout ça biensûr sans frein! Les femmes marchant des km pour aller au marché. Imaginés parfois le soleil déclinant, le genre de scènes sublimes que j'ai pu vivre... Plus je roule vers le sud et plus la végétation s'épaissit et les petits cours d'eau se font nombreux. On les appelle "marigots" ici. L'eau y est toujours trouble mais ça n'empêche personne d'aller y laver ces habits et de s'y laver.

Un jour, j'ai choisi un village un peu par hasard. Je suis aller à la forge et j'ai dit simplement " j'ai soif, j'ai faim, je veux me laver". Ici ils ne sont pas conditionnés à la reception du touriste ducoup, ils sont naturels et acceuillent simplement un "Voyageur". Là encore de belles rencontres, j'étais accueuilli dans une famille de gardes forestiers. Comme d'habitude, j'ai sorti le diabolo que je trimballe depuis mon premier voyage en Afrique. C'est un moyen simple de créer un petit univers. Finalement on n'est pas toujours obliger d'amener du matériel à but humanitaire, amener de l'amusement a aussi son intérêt... Je crois que des centaines de personnes ont du jouer avec ce diabolo. Je voyage aussi avec un casse-t^te en bois que seul 4 africains ont réussi à résoudre... Donc comme souvent, j'avais mon "petit" dans ce village. Et une de mes occupations favorites, était d'aller au marigot faire ma lessive, me baigner, plaisanter avec les femmes. C'est un lieu de vie extraordinaire où je me sens bien. Après une certaine réticence à me baigner dans cette eau sachant toutes ces petites bestioles peu amicales qui peuvent si promener, j'ai fini par moi aussi aller barboter avec tous ces petits kirikou la zézette(circoncis) à l'air. Un de leur jeu préféré est 'tokolo" ou "lokolo", je ne suis pas vraiment sûr du mot... En tout cas le but est de faire le poirier les jambes écartés tout en remuant le bassin ainsi une bête étrange sort de l'eau que les autres essaient de claquer de leur main. C'est fou se qu'on peut faire avec un petit zizi et une paire de coucougnettes.... Et puis il y a nager sous l'eau trouble pour apparaître à un endroit improbable. Il y a aussi le tababou qui hurle de terreur en apercevant un serpent de près de 2m pendant que les gamins rigolent en le chassant avec des pierres tout en me disant que celui-là, est juste"un peu méchant". C'était bien le marigot. J'avais le sentiment d'être un peu à ma place parmi eux, moi aussi comme tout le monde je lave tout simplement mon linge.

Au bout de quelques jours dans ce village, J'ai repris la route pour rejoindre mon ami Luc qui bosse en Guinée forestière.Là, c'est de la toute petite piste où la végétation gagne sur la route. Ca monte, ça descend, il faut traversé les marigots en passant dans la flotte. Je n'en reviens pas  d'avoir entraîné ma 'jianling" jusque là sachant qu'elle n'arrive pas à garder plus d'un demi-litre d'huile dans la caboche. Le piston à quand même bloquer deux fois, je laissais refroidir et ça reparttait!! Et puis tout était déglingué mais ça roulait : le principal quand même. Une quarantaine de bornes avant Koulé, je finis mon pignon dans un endroit perdu. Je trouve toute une famille qui pilent les noix de palme pour faire de l'huile. J'explique mon problème, il me dit 50 000FG pour m'amener chez le mécano dans le village à 4km. C'est une somme ici! Et sachant que le litre est à 10-12000, je lui propose 12000f. Pas plus de direction, c'est réglé. C'est çà qui est sympa en Afrique Noire comparé à la Mauritanie, c'est que le gars essaie de bien gagner et très rapidement te dépanne en gagnant un prix raisonnable par rapport au pays. En Maurtitanie, tu payes ou tu restes dans ta galère. Je repars et 20 bornes plus loin, finis plus de moteur... Je pense que le cylindre est foutu sur le moment... Là ,c'est un peu chiant parce que je dois pousser la moto jusqu'au prochain village. Avec tous les bagages et la chaleur moite, ce fut pas très cool.

Je finis par retrouver mon pote Luc. Une rencontre un peu irréel, hords du temps après des jours de brousse à être toujours LE toubab... Là j'ai découvert un autre univers villageois. Un compagnie minière transforme forcemmnt le tissu social mais tout ça se passe dans une bonne ambiance avec pas mal de buveurs de Rafia(l'alcool local à base se sève). Les journées, j'étais au village et allais de causerie en causerie. J'allais me promener dans la brousse environnante. Et puis le marigot comme d'habitude. Et là je me suis fait des petits copains d'une douzaine d'années, on est parti en virée à 4 sur ma moto déglinguée pour trouver de nouveaus spots de baignade. Toujours les m^mes jeux... Des petits moments simples quoi!!! Le soir Luc débarquait et on continuaient les causerie... De chouettes moments.

Et puis commence la longue route du retour vers le Sénégal. La route de la jungle vers la savane...

Désolé un peu la flemme de raconter et pourtant, ça aura été la partie là plus intense en émotions, galère, tout quoi!!! Le Fouta Djalon, une découverte époustouflante mais dans la souffrance...

Et à l'instant(j'ai écrit cet article sur plusieurs jours), je suis à Dakar après une nuit blanche dans le bus, je me sens plein et vide à la fois. Un peu perdu. Envie de pleurer et rire à la fois. C'est la fin quoi! Le retour est imminent. Il faut savoir rentrer à temps...

Heureux de vous retrouver...

Sana reste quelque part en songe en Afrique..

Quentin ou Kanter revient.

Voilà!

Bisou

Merci

ps:héhé j'explique pas mon titre

 

 



Publié à 15:56, le 18/04/2012, Kédougou
Mots clefs :
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien

Avec mon Ane et ma charette

Iiébé kibaré(langue mossi),

Tout d'abord ne pouvant répondre un à un individuellement, je voulais vous remercier pour tous vos messages. Eh oui, pas vu un toubab depuis longtemps et ça fait chaud au coeur de savoir que les copains seront là au retour...

Alors voilà, après presque un mois au village, après la vente de Léon, j'ai repris la Route ou plutôt la Piste... Maintenant ça n'est donc plus Léon mais Tempête. Je me suis acheté un petit âne et sa charette, histoire de vivre au rythme local. Le jour d'achat tout le village souriait de voir le toubabou sur sa charette et quand j'ai dis que j'allais aller comme ça au Burkina, les gens souriaient et n'y croyaient pas. Le moment du chargement de mes affaires a été un truc épique où chacun y allait de sa manière d'arrimer ma malle et mes sacs. C'était un joyeux bordel... Finalement j'ai pris le départ : tout le village était là pour dire au revoir. Et le plus drôle est qu'au moment de partir, je n'avais pas fait de "galop d'essai", je n'avais même pas harnacher mon âne moi-même, je ne savais pas combien ça mange ou ça boit ni à quel rythme ça marche... On verra bien...

Et autant dire qu'au bout de 2km, la petite promenade en âne que je m'étais imaginé, devenait déjà sportive à cause du sable... Faut dire que Tempête n'est pas l'âne le plus costaud du village et malgré toute sa bonne volonté je passe la première journée à pousser derrière. Faut dire qu'un âne est très peu adapté pour le sable. C'est donc très dur dès le départ et le doute de la faisabilité de mon projet m'éffleurera l'espace d'un instant. Mais je suis là seul en pleine brousse, je l'ai voulu et je ne peux m'imaginer faire demi-tour. On avance donc doucement en tâchant de ne pas se perdre. Je ne vais pas raconter chaque journée mais les 4 premiers furent les plus durs entre la mauvaise piste, la chaleur et une tempête de poussière... Heureusement j'avais eu la bonne idée de partir avec 10 litres de bière de mil pour me donner du courage et ça m'a vraiment donner du courage!!! Ningari-Bandiagara 65km, j'ai mis 4 jours... Je ne peux revenir sur chaque rencontre mais ces moments furent des échanges qui n'ont pas de prix. C'est dur mais je trouve ce que je suis venu chercher. Tu n'as plus d'eau, ça fait des heures que tu marches la gorge sèche et le paysan que tu rencontres au milieu de nulle part, partage son unique litre d'eau avec toi. Tu galères à pousser ta charette dans des ornières en sable et une vingtaine de gamins poussent avec toi. Et il y en a tellement des rencontres comme ça.

Bon il y a quand même une petite anecdote que je peux raconter... Quand l'harmattan souffle et fait des nuages de poussière, je porte mon chech Touareg.  A la traversée d'un village, je rencontre monsieur le maire qui ne comprend pas pourquoi je m'inflige tant de souffrances à vouloir me déplacer ainsi. Alors on fait une petite "causerie" et avant de partir il me dit que des villageois m'avaient pris pour un Touareg. Je n' y fais pas attention et continue ma route. Un soir alors que je venais tout juste de planter la tente, je vois un pick-up débouler à toute vitesse avec des hommes armés de kalachnikovs derrière. En l'espace d'un instant, je me retrouve encercler par une dizaine d'hommes en arme. L'Armée ou les rebelles? Je suis vite fixé. Ouf l'armée régulière et sérieusement je ne vois pas ce que la rebellion aurait foutu ici... Très vite je suis mis au courant que le "téléphone arabe" ou plutôt le" téléphone de brousse" a bien fonctionné et bque des gens ont signalé que la rebellion touareg était arrivée au Pays Dogon et qu'un Touareg en âne avec une charette venait vendre des armes!!!! Sans déconner!!! L'échange avec le chef de brigade se déroule très bien, il se doutait qu'il allait tombé sur un toubab(enfin au vu du dispositif on peut en douter...héhé) et me félicite même de voyager ainsi. J'apprend tout de même que certains villages se sont vidés à mon approche, les gens ont fuient!!!! A mon arrivée à Bandiagara, j'apprendrais par la suite que les gens c'étaient barricadés, que les écoles avaient fermé et que les autoritées ont du diffuser un message radio pour contrer cette rumeur de rebellion. Je peux dire que j'ai fait forte impression....

Après ça j'ai continué mon périple vers le Burkina. L'acceuil des gens est plein de surprise, de sourires, d'encouragements... Petit à petit les gens réalisent que je ne suis peut-être pas si fou vu la distance déjà parcourue... Le paysage défile très lentement, on avance moins vite qu'un bon marcheur. On se lève très tôt le matin, quand la chaleur devient trop forte on essaie de trouver de l'ombre pour ne repartir qu'en fin de journée. Le soir, je dois trouver un endroit où mon âne a de quoi manger... Il y a de bons et de mauvais jours. Le petit stress et de bien gérer le stock d'eau. Là aussi j'ai parfois du boire de l'eau(enfin si on peut appeler ça comme ça) vraiment dégeu...

Je suis tout de" même arrivé au Burkina après quelques péripéties. J'avais besoin de me reposer et me suis trouvé une famille d'orpailleurs dans un village mossi qui m'a laissé une case. J'ai vendu mon âne, ça a été dur... 3 jours de négociations et de discussions... le modèle de charette malienne n'est pas le même qu'au Burkina... et papati et patata.... Aujourd'hui, j'ai pris le bus pour la ville. Rien que ça, ce fut une Aventure.. Celui qui n'avait pas de chance se faisait pisser dessus par les moutons qui étaient sur le toit (fait de planches sommaires). Moi j'ai eu  de la chance!!! Donc maintenant je cherche une moto....

L'Aventure continue...

A bientôt bizzz

ps: internet c'est vraiment rare maintenant



Publié à 12:18, le 11/03/2012, Ouahigouya
Mots clefs :
Commentaires (5) | Ajouter un commentaire | Lien

Mon village : Ningari

Dénamooh,

E diano, E oulowombé diano, E gimili?

Ouf comment revenir sur tout ce qui c'est passé ces derniers temps? Après le départ de Sofi, j'ai été pris par une sorte de petit flottement mais dès mon arrivée en Pays Dogon l'Aventure a repris le dessus. Arrivé jusqu'à Bandiagara ne présente aucune difficulté, il faut juste s'armer de patience pour se défaire des nombreux guides et faux guides qui proposent leurs services. La partie vraiment interessante pour moi commence au moment où je dois rejoindre mon village de Ningari. Il faut déjà trouver le départ de la piste qui n'est pas indiqué puis ne pas se faire piéger par les différentes traces qui partent à droite et à gauche. Je suis assez confiant au départ. Souvent je pense reconnaître tel arbre ou telle hutte et me dis que c'est bon. Et puis parfois il faut s'arrêter pour reconnaître le terrain : le sable! Faut-il dégonfler les pneus pour ce passage ou tenter en force et risquer des heures de galère pour se désensabler? Finalement c'est dur et épuisant mais c'est ça que j'aime!!! Et puis le camion souffre car il y a de nombreux passages où ça n'est que de la roche nue mais pas nivelée... Au fil des heures de piste, je me sens envahi par une espèce d'adrénaline euphorique : perdu en pleine brousse sans être certain d'arrivé à bon port. Biensûr dès que je rencontre un fier cultivateur dogon, je tente de me faire confirmer que je suis sur la bonne route avec le peu de langue dogon que je connais. "ou yaba yado? me Ningari yada" Mais après 5h de piste le doute commence à sérieusement faire du chemin dans ma petite tête. Quand le compteur dépasse les 60km, je me dis que je me suis carrement planter et finalement après 6h de piste, un camion aussi poussiéreux à l'extérieur qu'à l'interieur, je touche au but : Ningari. Ouf!

Et la première personne que je rencontre à mon arrivée avant d'être submergé par une ribambelle de momes est mon chef de famille : Sana Yalcouye. Il est beau et fier, porte la hache traditionelle sur l'épaule et s'apprête à aller au champ. 3 ans que je ne l'ai pas vu!!! Je tâche de le saluer correctement avec le peu de vocabulaire que je maitrise et je tâche aussi de ne pas verser une petite larme malgré les émotions qui me submergent. Seul ombre au tableau, mon ami Mamadou, le fils même de Sana, n'est pas rentré de Côte d'Ivoire. Je me gare comme d'habitude sous un baobab à 50 m de village...

A partir de ce moment ça devient beaucoup plus compliqué de raconter car tellemnt de choses s'enchaînent... Ici c'est très dur de se retouver seul, d'ailleurs les gens ne comprennent pas ce besoin de solitude. Je dois donc dans un premier temps me plier aus us et coutumes locales, et ce jusqu'à l'épuisement total!! Alors j'en imagine déjà certains se disant " nan mais il exagère le Kanter!" Ceux qui ne sont jamais venus au Pays Dogon ne peuvent imaginer ce que représente en temps et en complexité, le rituel des salutations... Je savais ce qui m'attendait au lendemain de mon arrivée, j'étais armé, je me suis lancé dans ce marathon avec toute la bonne volonté du monde mais au bout de 3 ou 4h, j'ai demandé une pause!!! Maintenant j'en souri mais aller saluer tout le village famille par famille, personne par personne en comptant qu'il faut dans les 2 à 3 min par personne et que je  comprend à peine le moitié de ce que je répète, y a de quoi devenir maboule!!! Bon une fois ça de régler, les salutations quotidiennes ne me prennent plus qu'une heure par jour. Haha....

C'est marrant je me relis vite fait et j'ai l'impression d'avoir décrit un calvaire qui n'en est pas vraiment un. En continuant sur le m^me ton, je pourrais alors dire que les gamins du village m'ont fait la fête pendant des heures en scandant mon nom : " Sana,Sana" Bon c'est super de temps en temps mais il se relaient inlassablement pour venir regarder la "Telé" autremment dit moi-même. C'est à celui qui me dira le premier bonjour le matin ou plutôt "bonzour, bonzour monsieur!" jusqu'à ce que de guerre lasse je me décide à sortir de ma tente. Ils peuvent être jusqu'à 50 à me regarder lire, me couper les ongles, ou ne rien faire. Je ne peux leur en vouloir et puis honnêtement malgré moi j'ai tendance à accentuer ce phénomène rien qu'en mettant de la musique, en prêtant mon diabolo ou encore en préparant quelques tartines au Nutella. Et je puis je les aime bien ces sâles gosses dans le fond, ils ne me demandent rien, ils ouvrent grand leurs yeux et profitent d'un petit bout de France...

Comment ne pas être ému par certains de ces petits bouts de choux allant pieds nus souvent les fesses à l'air, la merde au cul,morveux, crasseux, le ventre gonfler à force de ne manger que du mil et qui me font fête quand je leur balance du Tiken Jah, Ezekiel ou encore plus décalé du Didier Super(pour ceux qui connaissent oui, j'ai osé) Comment ne pâs être ému par ces petites filles d'à peine six ans qui portent leur petit frère ou petite soeur à la manière traditionnelle. Je crois que certains ne voudraient, ne pourraient pas voir à quel point la Vie peut être dur pour les momes ici. Les grands sont en général mieux nourri car ils représentent une force de travail, les petits ont les restes... Ca peut paraître choquant mais c'est comme ça. Je réalise qu'avec le temps mon regard à évoluer. La pauvreté est là mais je ne tourne pas mon regard. La pauvreté est grande mais je n'ai pas pitié et je crois que ça serait le pire sentiment à avoir. Ces momes ne pleurent pas sur leur sort, les gens en général ne pleurent pas sur leur sort. Pourquoi moi petit blanc ici, je me mettrais à pleurer. Biensûr beaucoup ne seront pas d'accord avec mes propos mais je crois que la pitié ou la condescendance est plus une insulte qu'autre chose. D'ailleurs entre eux les africains savent peut-être se montrer plus de respect face à la pauvreté que chez nous. En France on préfère touner le regard devant un mendiant, on a peur de le regarder en face et de lui dire "non". Ici il fait parti intégrante du décors et participe à la Vie en société comme tout le monde. Juste un petit exemple, ce soir j'étais à la ville, c'était match : Mali_ Gabon. Le mélange des gens face aux petit écran posé en pleine rue illustrait bien cette Afrique que j'essaie de décrire et que j'aime : un mélange de choses "dures" avec une touche d'un quelque chose dont je ne trouve pas le mot.

Elle est là cette Afrique que j'aime tant et ça me fait mal quand je pense à tous ces clichés que l'on a sur ce continent et qui sont véhiculés par des médias ne parlant que des choses et évènement peu reluisants, en eclipsants toutes les belles choses... Bon je m'arrête là pour aujourd'hui, j'avais tellemnt d'autres choses à dire... Allé pêle mêle quelques moments:

-le salut des petites vieilles les deux mains levées qui répètent "mendiè,mendiè"

-le match de foot mythique et pas loin d'être mystique entre les mariés et les non mariés du village sur un terrain démonté et fichu de 2 arbres

-le réparateur de tong du village : un quasi demi-dieu

-mes retouvailles avec Mamadou qui c'est farci plus de 2500 bornes en car pour me retouver

-juste une petite fille  qui vient chaque matin avant d'aller à l'école

-les femmes pilant le mil avec le petit dans le dos

-ma panne en pleinne brousse(héhé m'en suis encore sorti)

-ma journée chez le forgeron, juste des échanges de regards, peu de paroles

-la brousse seul

Et j'arrête là....

Sinon je suis sur la vente du camion depuis 3 jours et la pas le courage de raconter mais c'est très sport et ça demande des nerfs solides. Attention aux arnaques....

A bientôt

ps:bisou ptit loup!!! Bien loin de moi profites des sommets enneigés...

ps2:merci à tous ceux qui ont participé pour le matériel scolaire, les fringues, les chaussures et le reste. Tout est arrivé à bon port. Merci



Publié à 18:37, le 5/02/2012, pays Dogon
Mots clefs :
Commentaires (8) | Ajouter un commentaire | Lien

Ne lui demandez pas trop pourquoi?

Anitié,

Bon je n'ai pas trop donné de nouvelles ces derniers temps et il n 'est vraiment pas sûr que celà s'améliore. Et pourtant, tellemnt d'images et d'anecdotes m'assaillent au moment où je retrouve le clavier. Mais aujourd'hui est un jour un peu spécial, le Voyage a pris un tournant. A l'instant même, Sofi doit atterrerir à Paris!!! Je n'ai pas vraiment envi de m'étendre sur le pourquoi du comment. Sachez juste que nous nous quittons pas fâcher et que l'on se retrouvera que mieux bientôt. Pour tout ceux qui la connaisse et qui vont la voir dans les mois à venir, soyez gentil et "ne lui demandez pas trop pourquoi?". Moi je respecte son choix même si j'ai le coeur gros.

Je ne suis pas là pour étaler mes sentiments mais ceux qui me connaissent, savent très bien que l'Afrique représente pour moi bien plus qu'un voyage. j'ai ce continent dans les tripes. J'aime à la fois tout ce qui est beau ici mais aussi ce qui peut être sâle ou révoltant pour d'autres... C'est comme ça. Sofi le sait et peut le comprendre même si elle n'a pas ce ressenti.

Je continue la Route seul... Je ne sais encore si je vais continuer à écrire, ce qui est sûr, c'est que pour les photos, c'est fini!(Sofi était la technicienne). Le Pays Dogon m'attend et je reprend la route dans quelques minutes...

Je vous embrasse;

Sofi, je t'aime et je ne t'en veux en rien.

Kambé



Publié à 14:20, le 24/01/2012, Ségou
Mots clefs :
Commentaires (4) | Ajouter un commentaire | Lien

La route de l'Espoir

Anissogoma,

Ikakéné? Somorro bégui?

C'est tranquillement installé dans mon quartier de Torokorobougou à Bamako que je vous raconte cette traversée d'Ouest en Est de la Mauritanie. Cette route porte le doux nom de Route de l'Espoir car elle était censée désenclaver le Sahel en rejoignant la côte ouest et est de l'Afrique. Et finalement elle ne finit même pas de traversée la Mauritanie.... C'est aussi une route tristement célèbre pour ses enlèvements et ses bandits.

On quitte donc Nouakchot en espérant de surtout pas avoir de problèmes mécaniques qui pourraient s'avérer désastreux sachant que l'on trouve pas de pièces mécanique sur la route et tout juste du gazoil. Tout se passe bien jusqu'à Aleg. Les paysages sont à couper le souffle. Ici ce n'est pas Zagora(Maroc) où l'on fait tourner les touristes en rond pendant deux jours dans un pauvre erg de 15 km sur 25..... Non, c'est la démesure. Des dunes de sable sur des km et des km, des dromadaires un peu partout....

 

 

On roule, on roule.... La route défile et l'on a tout le temps de laisser vagabonder nos pensées. Un arrêt tout les 500km pour faire le plein et on repart... L'idée n'est vraiment pas de faire du tourisme dans le coin mais de se sortir au plus vite de ce pays. Et je ne veux pas vraiment y croire quand je sens que Léon comence à peiner en côte et que finalement même sur plat on ne roule plus qu'à 60km/h. Je ne veux pas y croire et je continue à avancer parce que je ne peux même imaginer tomber en panne ici. Nous sommes au milieu de nulle part, encore très loin de Kiffa. On sait que les Maures blancs(que je ne porte pas mon coeur peut-être à tord d'ailleurs!) ne font pas de cadeau et que si on a beson d'aide ça risque d'être très cher. De tout manière nous n'avons que très peu d'ouguyas(monnaie locale).

 

Et ce problème? Alors les copains mécanos vont encore rigoler et ceux qui connaissent un peu l'Afrique me traiter de bleu. Biensûr avant de partir je fais toutes les vidanges, change les divers filtres et fait un petit chek_up rapide. D'habitude, j'ai toujours un filtre à gazoil et à air en rabe mais là sachant que je n'ai que 8000km à faire et que je vend Léon après, je n'ai pas fait cette dépense(cruelle erreur). Donc on s'arrête et direct, je me doute que c'est alimentation en gazoil qui merde. Heureusement, j'ai ma trousse à outils complète. Le préfiltre est colmaté, je démonte et espère tout simplement nettoyé comme je le fais habituellemnt sur le poids_lourds. Première mauvaise surprise, le préfiltre est certi et on ne peut le démonter. Je tente quand même de le nettoyé tant bien que mal. Il faut vous imaginer la chaleur, la poussière à ce moment là. Et puis l'adrénaline à se dire qu'il faut absolument rejoindre le Mali. Je nettoie tant bien que mal mais le résultat n'est vraiment pas génial. Je démonte le filtre à gazoil et j'en sors un liquide qui ne ressemble en rien au carburant vendu sous ce nom. Vous verriez la couleur ce que l'on vous vend à la pompe ça fait peur... Je remonte le tout en me disant que si c'est encore la misère, je chunterai le préfiltre et m'arrêterai tout les 100km pour nettoyer ce que je peux du filtre. Je sais qu'on peut y arriver et suis juste inquiet de l'état de la crépine de réservoir sachant que je n'y ai pas accès.... On repart tant bien que mal et je m'efforce d'avoir la conduite la plus souple possible.

Le paysage change. Il s'agit d'un mélange de dunes et de falaises. C'est magnifique mais la tête est Ailleurs. J'essaie de transformer mon inquiétude en une espèce de Foi : "on va et on ne peut qu'y arriver". Malheureusement au bout d'une centaine de bornes : rebelote. Je redémonte tout. Il fait chaud et sec. Je décide de chunter le préfiltre et on repart. Je recommencerai ce petit jeu plusieurs fois.... A la nuit tombante, on est encore à une centaine de bornes de Kiffa et à un barrage militaire, on nous dit qu'il faut s'arrêter et dormir ici. On y rencontre d'autres africains vivant en Europe et faisant la route. Tout le monde est fatigué, on se couche tôt. Le plus dur reste à venir : la route de Kiffa à Ayoun est apparemment très mauvaise.

Petite aparté : ici on ne dit pas route pour désigner un route avec enrobé mais "goudron". "Où se trouve le goudron de Kiffa?" Quand on voyage en Afrique cette expresssion prend très vite tout son sens quand on constate le peu de routes avec "goudron!! Attention au piège....

Donc le lendemain le  goudron après Kiffa s'avère très rapidement être une piste en tôle ondulée serpentant le long de la route en construction. Au début tout va bien, mieux vaut une bonne piste voir une piste un peu mauvaise qu'une route goudronnée endommagée. Sur de la tôle ondulée, il faut roulé de manière soutenue pour soulager la mécanique tout en restant vigilant aux petites surprises que réserve la piste. C'est une conduite fatigante mais pas épuisante comme ce qui va suivre... Après une trentaine ou quarantaine km de piste retour au goudron mais parsemé de nids de poules monstrueux. L'enfer commence. Tant que ça ne roule pas, ça va.... On zigzague gentiment en première, on avance pas mais on ne risque pas de tout casser. Le plus dur, c'est quand on se relance à 70-80 en zizaguant entre des nids de poule éparses parce qu' à un moment ou un autre ça ne peut pas passer et là ça tape fort voir même très fort... On peut tout casser et des carcasses de bagnoles le long de la route sont là pour nous le rappeler. Je dirais "à vivre"... Le problème c'est que quand tu es lancé après de 80 que tu scrutes le prochain trou, tu ne peux regarder tes retros en même temps. Conséquence : un accident vraiment impressionnant avec une bagnole me doublant au moment ou je me déporte complètement à gauche pour éviter un de ces putains de trous. J'ai tout vu mais trop tard!!!! La voiture me tape sur le côté, se prend un énorme trou, mord le sable et part dans un petit arbre. Nous n'avons rien!!! Le temps de nous arrêter, nous nous précipitons vers la voiture, roues avant perchées dans l'arbre, capot relevé, plus de pare choc et aile avant droite défoncée. C'est un Maure noir, il descend un peu sonné mais n'a rien... Merde, merde et remerde... Ca avait bien de besoin de nous arriver!!!!

Je sors une corde pour tirer sa voiture. Grosse adrénaline... Il n'y a pas de blessé mais que va t il se passer?. On a pas un rond, notre visa expire demain et on est obligé de passer la frontière... Il tente de redémarer sa voiture. Elle tousse, démarre mais fait un bruit de ventilo voilé. Les pales sont abimées mais le ventilo ne parait pas avoir bougé. Le radiateur est remonté. Je fais chercher de la ficelle pour réparer comme on peut... On répart tant bien que mal à la ficelle et.... pas de constat.... chacun reprend sa route... On s'en sort pas trop mal, ça aurait pu être catastrophique.... Plus qu'une envie passer Ayoun, quitter le Sahel, la Mauritanie et retrouver la brousse malienne et ces baobabs.... Après 11h de route et près de 500km de parcouru nous sortons de la Mauritanie et nous installons en pleine brousse avant de voir les formalités de douanes le lendemain à Nioro du Sahel....

Le plus dur est passé... L'Afrique noire paraît réconfortante. Première nuit en brousse....

Le lendemain, on arrive à Nioro du Sahel et son fameux poste de douanes. Bienvenue en Afrique... Il y a des véhicules en pagaille qui semble prendre souche depuis des siècles : des bus, des poids lourds, des bagnoles de tout poil. Ces véhicules sont-ils tous abandonnés? Non apparemment certains des propriétaires prennent souche avec eux depuis plusieurs semaines.... Une mafia, un traffic.... L'Enfer pour ceux qui viennent de se sortir de la route de l'Espoir et finissent au Desespoir sur ce parking. On y retrouve un ^père et son fils, deux français que j'avais rencontré à la frontière mauritanienne... Pour eux, c'est pas gagné. Nous c'est réglé en une heure. Je vais quand même me faire enfler de 5000f par la police pour un motif obscur. Puis on doit batailler à mort pour ne pas se faire arnaquer aux péages nombreux jusqu'à Bamako. Jouer la patience, créer un embouteillage sur la route pour finalement ne payer plus que 500f au lieu des 1000 annonces... Bienvenue en Afrique!!!! La vie est certes moins cher mais ton porte monnaie peut se vider étrangement vite si tu n'y prends pas garde....

On se donne 2 jours pour arriver à Bamako en se reposant une journée en brousse...

Pour la petite histoire, on se retouve aussi en galère de thune. On a pas assez pour rejoindre Bamako et on se retrouve à faire taxi brousse pour se dépanner... Luc va me traiter de nouveau colon mais c'était vraiment à titre exceptionnel; On prend toujours les stoppeurs gratuitement....

Finalement on est bien arrivé à Bamako. Il y a tellement de choses à raconter mais vu que ce petit article m'a déjà pris 2h, au vu de ma vitesse de frappe, la suite sera pour une prochaine fois....

Abientôt

Kanboufou

Kanter



Publié à 15:47, le 15/01/2012, Nioro du Sahel
Mots clefs :
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien
<- Page précédente